Concert symphonique des 3 et 4 avril

26 févr. 2020

Concert symphonique des 3 et 4 avril

Un programme avec le concerto pour piano n°1, interprété par Miroslav Kultyshev

PIOTR ILITCH TCHAÏKOVSKI

Généreux, virtuose et senseible

Dès sa création le 25 octobre 1875 au Music Hall de Boston par Hans Von Bulow, le Concerto pour piano et orchestre n° 1 en si bémol mineur opus 23 composé par Piotr Ilitch Tchaïkovski dans les années 1874-1875 et remanié plus tard par le compositeur, suscita l’enthousiasme du public. Il reste l’un des concerti les plus célèbres du répertoire pianistique et symphonique. Les circonstances d’écriture et de création de cette œuvre, aux amples proportions, dédiée initialement au virtuose Nikolaï Rubinstein, fondateur du conservatoire de Moscou, sont restées célèbres.

 

NÉCESSITÉ D’UNE MAÎTRISE ABSOLUE POUR L’INTERPRÈTE

La richesse de son inspiration nourrie par une sensibilité exacerbée, l’inventivité et l’expressivité de ses thèmes, son lyrisme, ses envolées symphoniques savamment construites ainsi que sa virtuosité exigeant de l’interprète une maîtrise technique absolue et une concentration de tous les instants, sont les gages de ce succès qui en font l’un des fers de lance des saisons symphoniques, apprécié par les publics du monde entier.

Dès l’exposition du célèbre thème de l’allegro non troppo et molto maestoso initial, déclamé par les cuivres puis les cordes sur les accords du piano, le ton est donné et l’on perçoit toute la densité du dialogue marqué entre l’instrument soliste et la formation orchestrale, ainsi que la qualité d’une orchestration mise au service de l’intensité contrastée des sentiments. L’élégance et la beauté nuancée du thème qui introduit à la flûte le deuxième mouvement andantino semplice et la dynamique insufflée à l’allegro fuoco finale en forme de danse populaire inspirée par un thème ukrainien qui aboutit sur une cadence étourdissante de virtuosité, donnent à cette œuvre abondamment enregistrée, une consistance musicale et un charme qui en ont fait le succès.

 

MIROSLAV KULTISHEV

Le jeune prodige devenu un grand concertiste

A 34 ans, le pianiste russe Miroslav Kultishev est l’un de ces artistes dont la précocité et les dons laissent augurer d’un prestigieux parcours. Né en 1985 à Saint-Pétersbourg, c’est à l’âge de 6 ans qu’il se forme et donne son premier concert. A 10 ans, il interprète dans la grande salle Philharmonique de sa ville de naissance un concerto de Mozart sous la baguette de Yury Temirkanov. Dès lors, son parcours s’enrichira de nombreuses et prestigieuses étapes et verra se construire un palmarès enviable. Vainqueur à 13 ans du concours international pour jeunes pianistes de Moscou Henirich Neuhaus, il remporte, en 2007, le célèbre concours Tchaïkovski de Moscou et débute une brillante carrière de concertiste. En 2012, il remporte les Monte-Carlo Masters, un concours ouvert seulement aux lauréats d’autres concours internationaux, ce qui lui ouvre les portes d’une notoriété internationale. Le public et la critique plébiscitent ce jeune maître du clavier dont la personnalité se caractérise par un jeu puissant, coloré et poétique, ainsi que par une technique éprouvée.

 

Par Philippe Depetris